La mondialisation du Tour de France

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Le Tour de France 2014 débutera à Leeds, l’une des grandes cités du comté du Yorkshire en Angleterre. L’enfant prodige de cette ville n’est que… Bradley Wiggins (Sky Pro Cycling), celui qui a survolé la saison 2012 en remportant tous les Tours auxquels il participait (Tour de France, Critérium du Dauphiné…).

La popularité naissante et croissance de l’équipe britannique Sky Pro Cycling a poussé ASO (Amaury Sport Organisation), la société organisatrice du Tour de France, à choisir l’Angleterre comme pays départ de la Grande Boucle.

Tour de France 2014

Mais qu’est-ce qui pousse les organisateurs à privilégier l’Angleterre plutôt que nos belles régions françaises, comme la Bretagne, grande terre de cyclisme, qui ne verra pas le Tour de France 2014 passer sur son territoire ?

Le Tour de France est tout d’abord la course cycliste la plus réputée au monde, loin devant le Giro (Tour d’Italie) ou encore la Vuelta (Tour d’Espagne). L’aboutissement et le rêve de tout cycliste est de porter un jour le maillot jaune sur les Champs Elysées.

Pouvoir expatrier la notoriété  de cet événement sportif, malgré toutes les affaires de dopage, est une énorme opportunité sur un plan économique et marketing pour la société organisatrice.

Comme toutes organisations à but lucratives, ASO cherche des partenaires qui délivrent de gros fonds d’investissements, et c’est la raison première de ces départs à l’étranger.

Mais cette internationalisation n’est pas un phénomène récent, la première ville étrangère à avoir accueilli le Tour de France était Amsterdam en 1954. Et de décennie en décennie, les villes étrangères s’alignent pour accueillir la Grande Boucle.

ASO veut faire voyager la marque Tour de France, afin de conquérir comme toutes grandes sociétés, des nouvelles parts de marchés.

Les passionnés français, les amoureux qui suivent la caravane, ceux qui attendent des heures et des heures sur le bord des étapes du Tour se sentent de plus en plus lésés par cette frénésie médiatique et économique d’ASO.

Que restera-il de nos belles régions de France dans les années à venir sur le Tour de France, le meilleur vecteur de publicité pour notre patrimoine français ?

Le Tour de France doit rester la plus grande fête populaire française comme en témoigne cette vidéo :

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5 Comments
  1. Le dernier passage en Angleterre avait été un succès en 2007, mais les départs depuis l’étranger ne doivent pas se démocratiser. A mes yeux, le Tour de France doit partir plus souvent de France que depuis l’étranger.

    Comme dans tout sport moderne, l’argent prend malheureusement le dessus sur les convictions…

  2. En 2012, lors du passage du Tour de France à Besançon, des élus anglais étaient venus en « reconnaissance » : comprendre les ressources nécessaires pour organiser un tel accueil, comprendre la ferveur autour de cet évènement etc. Le Tour de France n’est pas une simple compétition, organisée par une association : c’est une entreprise à temps plein, qui va chercher les financements là où ils sont. Le TDF profite d’une très forte notoriété dans d’autres pays européens, et c’est vrai particulièrement auprès des anglais.
    J’attends de voir l’impact de l’expatriation du Tour de France avec impatience. En effet, ASO par à la conquête de nouveaux sponsors et marchés, avec en 2014, 3 étapes en Angleterre. Quelles seront les conséquences ? Comment vont réagir les fans du Tour ? Mon bon vieux grand père, qui adorait voir les images de sa tendre France, risquerait d’être déçu. Mais oui, il est là le deal, c’est que désormais, l’image du Tour doit se moderniser. La Grande Boucle est une marque, plus qu’une compétition. Après 100 ans d’existence, forcément, on peut se remettre en question, et si voir plus loin pour eux était voir à l’étranger.
    Ce qui m’inquiète plus encore, c’est l’impact pour nos villes françaises : regardez cette vidéo juste au dessus, n’est-elle pas magnifique ? N’est-elle pas d’elle même un spot publicitaire pour le tourisme dans notre pays ?
    Oh si, et pour les villes françaises, les régions qui étaient traversées par le Tour, c’était plus qu’un simple investissement de réfection de la route. Certes les coûts d’accueil sont impressionnants, mais les répercussions touristiques le sont aussi et c’est cet aspect qui m’effraie également !

  3. Hélas, pour nous vrais supporters de cet événement qu’on attend impatiemment chaque année, les régions françaises sont de plus en plus oubliées par ASO.
    L’intitulé “Tour de France” ne sera bientôt plus pertinent si sa délocalisation continue !

  4. Malheureusement pour certains, le sport évolue. Le Tour de France est aujourd’hui devenu une marque, qui, pour se développer doit continuer à attirer les téléspectateurs et générer de nouvelles ressources.
    Le départ en Grande-Bretagne n’est pas annodin. Le public anglophone se passionne pour ce sport et cet événement en particulier. C’est là une occasion unique pour les « nouvelles » entreprises partenaires (Sky entre autres) de voir leur stratégie de communication se concrétiser avec un événement live. Le tour a besoin de ces partenaires pour continuer à avoir des équipes, et les partenaires ont besoin du tour pour valider leur engagement. J’imagine que c’est encore moins annodin que le tour 2015 démarre de Utrecht. C’est en effet le lieu du siège européen de Nike…
    Heureusement que certains cols sont mythiques et resteront incontournables. L’enjeu maintenant pour la marque et l’événement est commune a toute marque: comment se développer tout en renforcant son identité propre?
    Cela dit, je comprends les réactions. On peut se poser la même question pour le Dakar en Amérique du Sud…

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